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Europe

Paris Influence: Bourbonnite aiguë — Observatoire de la Charentaise — PPL McKinsey

Notre newsletter hebdomadaire sur les enjeux de lobbying et de transparence en France.

Par ELISA BRAUN

Infos, tuyaux et mini-drames à partager à @ElisaBraun ou [email protected] | Abonnez-vous

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans une édition de Paris influence particulièrement juteuse en ce premier jour d’un été qui, pour reprendre un tube des années 1980, sera chaud — dans les t-shirts, les maillots, et bien sûr… à l’Assemblée. 

AU MENU CETTE SEMAINE

— Assemblée : plusieurs cas de bourbonnite aiguë observés chez les lobbyistes.

— Paris Influence lance son observatoire de la charentaise.

— La PPL McKinsey en avant-première.

— Les idées d’Anticor pour plus de déontologie au Palais Bourbon.

— PFUE: le revers de Le Maire ressuscite Aristote.

ASSEMBLÉE : PLUSIEURS CAS DE BOURBONITE AIGUË POUR LES LOBBYISTES

TEAM SPIRIT. Votre infolettre associe ses efforts à Playbook cette semaine pour vous ravir quotidiennement des dernières nouvelles sur les batailles politiques qui arrivent pour récupérer les meilleurs postes du vénérable Palais Bourbon. Cela ne vous a pas échappé, sauf à avoir été coincé dans un sas de décompression trop longtemps, la Macronie fait face à quelques tracasseries. Si vous n’avez pas encore Playbook dans votre boîte mail, il est encore temps de rattraper l’affront ici.

Point d’agenda. Les prochaines semaines s’annoncent très mouvementées, d’ici à la déclaration de politique générale du gouvernement, prévue pour l’instant le 5 juillet. Le 28 juin, le siège de Président de l’Assemblée nationale laissé vacant par l’éjection de Richard Ferrand sera à pourvoir — et les candidats se bousculent déjà au portillon du Perchoir. Le même jour, les groupes politiques devront être constitués et auront en ligne de mire la répartition des commissions et notamment l’enjeu très clairement identifié de la présidence de la Commission des finances, pour laquelle se battent déjà… les exégètes du règlement de l’Assemblée. Sans compter les enjeux de répartitions des rôles au sein des groupes, qui font déjà l’objet de trombinoscopes passés sous le manteau dans l’espoir d’y voir plus clair. Mais il va bien falloir s’habituer, au moins pour un moment, à y voir flou.

SAISIR LA BALLE AU BOND. Sans aller jusqu’à dire que les lobbyistes ont sabré le champagne en voyant les résultats d’hier soir, disons que le caractère incertain, voire préoccupant des futurs débats à l’Assemblée offre de nouvelles perspectives au secteur. Plus rapide à se positionner sur le coup, Euros/Agency Group lance “La Boussole parlementaire”, une newsletter “qui vous aide à naviguer dans la nouvelle donne du parlement et ses conséquences pour la pratique des affaires publiques”.

Emoji clin d’œil. Plus allusif, FGS Global (ex-Finsbury Glover Hering) se permet de souligner dans sa newsletter post-élections qu’il “sera essentiel de suivre de près un parlement en mouvement et de s’engager stratégiquement auprès de ses représentants” puisque “le sort des dossiers clés pourrait dépendre de petites alliances temporaires qu’il sera primordial d’anticiper et de comprendre”. Plus méditatif, Spin & Strategy pose, par la voix de son cofondateur Joshua Adel, la question de la pertinence d’un lobbying dépolitisé dans une Assemblée qui ravive le clivage gauche-droite. Et enfin, plus cash, une consultante en affaires publiques se contentait de résumer son sentiment: “ça va être n’importe quoi”.

UN ŒIL SUR LES DÉPUTÉS TECH. Le Palais Bourbon perd quelques têtes d’affiche des députés branchés numérique, note mon collègue Peter O’Brien dans Morning Tech ce matin. Outre ceux qui ne se sont pas représentés, comme Mounir Mahjoubi, Pierre Person, Paula Forteza ou encore Christine Hennion, les législatives sont marquées par la défaite au second tour de Jean-Michel Mis, touche-à-tout de la blockchain à la cybersécurité, de la souveraineté à l’identité numérique, Patrick Mignola, qui a contribué à la mise en œuvre de la directive européenne sur le droit d’auteur et à la réduction de la domination d’AirBnb. 

Pars Avia. Le départ le plus marquant pour le secteur reste sans doute celui de Laetitia Avia, dont la loi fut l’objet de moult critiques, et d’une relecture de copie sévère du Conseil Constitutionnel. N’en déplaise à ses détracteurs, la députée défend sa loi dans une interview de sortie au Parisien, allant même jusqu’à souligner son influence au niveau européen. 

A suivre. Remarqués sur les sujets numériques lors de la précédente mandature, Eric Bothorel, Philippe Latombe, Philippe Gosselin et Aurore Bergé rempilent. Parmi les nouveaux, notons l’arrivée côté Macronie de Paul Midy, ancien directeur des start-ups de commerce en ligne Frichti et Jumia, qui a gagné avec une marge de seulement 19 voix contre le candidat Nupes sortant Cédric Villani; et celle de Pierre Cazeneuve, ancien conseiller à l’Elysée ayant fait lui aussi ses armes dans la start-up nation. Alma Dufour, nouvelle députée Nupes et figure de la lutte anti-Amazon en France pour les Amis de la Terre, trouvera sans nul doute sa place elle aussi parmi les nouveaux députés branchés tech à suivre.

UN ŒIL SUR LES DÉPUTÉS LOBBYISTES.  Lionel Vuibert, délégué général de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Champagne-Ardenne, une des puissantes branches du MEDEF, est élu dans la 1re circo des Ardennes par la majorité. Du même bord politique, Samuel Deguara, directeur des affaires publiques et des relations institutionnelles de la Chambre des métiers de l’Artisanat, perd face à la Nupes dans la 2e circo de l’Aveyron. Ancien représentant des débits de boisson, le député LREM Christophe Blanchet est réélu dans la 4e circo du Calvados. 

Parmi les profils que nous vous avions signalés, notons aussi que l’ex-LR Philippe Pradal, éphémère maire de Nice condamné pour “prise illégale d’intérêts” en 2019, a aussi été élu. Yolande Bouin, ancienne membre de la convention citoyenne et victorieuse pour la Nupes, et Aymeric Caron, médiatique défenseur de la cause animale, entrent à l’hémicycle.

L’OBSERVATOIRE DE LA CHARENTAISE

STALKING PROFESSIONNEL. Votre infolettre s’est lancée, avec un coup de main du datajournaliste Alexandre Léchenet, dans un grand projet d’épluchage des profils passés par les cabinets des ministres de Jean Castex depuis juillet 2020, et en particulier de 645 d’entre eux qui n’ont pas (encore) rempilé avec de nouveaux ministres et qui ont donc cherché à se recaser. L’objectif : avoir avec cet échantillon le plus représentatif possible une meilleure compréhension des relations entre pouvoir politique français et sphères privées, et bien sûr un regard plus affûté sur le sujet brûlant de la reconversion — notre rubrique mercato en témoigne une fois de plus cette semaine.

Alors, qu’en retient-on ? Au moins 90 départs visent pour l’instant le secteur privé, soit 14% des effectifs étudiés. La proportion risque d’augmenter à mesure que la HATVP met la touche finale à ses avis de reconversion et surtout, que les déçus du second tour et autres refoulés à l’entrée des cabinets ministériels se tournent vers un plan B. En attendant la publication plus complète de nos résultats d’ici à la semaine prochaine, votre infolettre vous réserve en avant-première le classement des ministères par quantité de reconversions vers le privé recensées ainsi que l’attribution des charentaises d’or, d’argent et de bronze des agences qui recueillent le plus de collabs jusqu’ici.

MINISTÈRE DE LA PANTOUFLE. C’est au ministère de l’Industrie que l’on pantoufle le plus, en termes de proportion. 46,7% des conseillers qui en sont partis depuis juillet 2020 quittent en effet le public. Sur les 15 ex-conseillers concernés, au moins sept retournent vers le privé dont ils étaient déjà issus : Aigline de Ginestous, issue du monde de la finance (Lehman Brothers, Rothschild), passe au lobbying pour Unibail Rodamco Westfield. Marie Petitcuénot, passée par ESL&Network et Veolia Environnement, migre ensuite vers Salesforce. Aloïs Kirchner, passé par Pernod-Ricard ou Engie, roule vers Keolis. 

Premières amours. Ceux dotés d’expériences dans le monde de la com, la politique ou le lobbying n’en restent pas loin à la sortie, à l’image de Florian Humez, cofondateur des JAM, membre de l’équipe de campagne LREM pour les européennes, passé par RCI et la BPCE, qui a pris la tête des affaires publiques de France Télévisions en décembre 2020 (il est d’ailleurs le seul à rejoindre le parapublic). Virgile Billod, ancienne plume du Conseil départemental de la Côte d’Or, transite vers le cabinet Brunswick. Yves Marie-Cann, ancien communicant de François de Rugy, passé par le CSA et Elabe, devient cadre dirigeant au sein du cabinet d’affaires publiques FGS Global. 

Le reste du podium : La quantité de reconversions vers le privé se poursuit ensuite à un rythme relativement homogène : suit ainsi le ministère des relations au parlement, avec 37,5% de pantouflages des conseillers partis, qui ont une appétence particulière pour les lobbies de l’agroalimentaire, d’après la destination d’Eléonore Leprettre (chez Phyteis, nouveau nom du lobby des pesticides, UIPP) et Marine Imbault (chez Intercéréales). Près d’un départ sur trois va aussi vers le privé du côté des ministères de l’Economie sociale et solidaire, du numérique et de l’Europe. Chez Cédric O, la finance est le secteur privilégié, Morgan Stanley ayant attrapé Matthieu Heurtel (qui n’y a fait qu’un court passage) et aussi tenté de recruter Philippe Englebert, finalement parti à l’Elysée. 

Bonus : Le cabinet du président Emmanuel Macron arrive 9e du classement en proportion, mais compte le plus de conseillers partis vers le privé en nombre avec 12 reconversions sur 56 départs.

CHARENTAISE D’OR. L’agence la plus proche du pouvoir, en termes de nombre de conseillers/consultants repérés dans notre échantillon, n’est autre qu’Havas. Depuis juillet 2020, au moins 8 consultants issus de l’agence sont devenus conseillers ministériels, à l’instar de Mayada Boulos auprès de Jean Castex ou encore Edouard Montchamp auprès d’Olivier Véran. Mais dans l’autre sens aussi, c’est encore Havas qui rafle la mise pour l’instant. Le groupe de Stéphane Fouks a recruté au moins 3 conseillers sur la fin du quinquennat, notamment via l’agence PLEAD : Ema Hazan, qui en venait, y retourne après un passage au ministère du Travail et Julien Bosdonnat les rejoint après son passage au ministère du Logement et au secrétariat d’Etat à l’Enfance. Ancienne du cab El Haïry, Pauline Caillat a rejoint Havas Paris People.

Charentaise d’argent. Grand rival d’Havas, Publicis obtient la charentaise d’Argent par une prise de prestige en la personne du conseiller spécial à l’Elysée et dircom de la campagne Clément Leonarduzzi. L’agence récupère au passage Jonathan Guémas, ex-plume de Macron, après avoir aussi recruté Matthieu Pontécaille, ex-dircab de Marlène Schiappa. Outre la fin du mandat, notons la présence d’anciens philippistes (comme Adrien Caillerez, ex-collab d’Edouard Philippe) et autres macronistes (comme Victor Lallier, ex-collab de Pierre Person) dans ses rangs, recrutés avant la mi-mandat et portant à au moins cinq le nombre de prises dans la Macronie.

Catégorie bronze, ESL & Network, cabinet d’intelligence économique fondé par Alexandre Medvedowsky, et l’agence Hopscotch Décideurs (avec sa filiale Albera Conseil, acquise auprès de la communicante Patricia Chapelotte) ont eu au moins 5 membres de leurs équipes dans l’entourage le plus proche des ministres sur la fin du mandat. TBWA a recruté Antoine Boscher et Edouard Montchamp. Enfin, plusieurs agences se hissent dans le classement en recrutant chacune au moins un ancien conseiller : c’est le cas de Bona Fidé (avec Léa Roussarie), Angie, et Taddeo (comme vous le lirez dans notre rubrique mercato).

Bonus : Vae Solis, Elan Edelman, ont au moins 4 anciens conseillers qui apparaissent dans notre échantillon, Bona Fidé, Domaines Publics, Patricia Goldman, APCO Worldwide, TBWA et Taddeo, 3. Rendez-vous la semaine prochaine pour le classement, secteur par secteur, des entreprises et fédérations privilégiées pour les reconversions.

LA PPL MCKINSEY DÉPOSÉE AU SÉNAT

LE COME-BACK. C’est aujourd’hui que les sénateurs ayant fait monter le hashtag #McKinseyGate pendant l’élection présidentielle tentent un retour dans l’actualité en déposant une proposition de loi pour encadrer le recours au cabinet de conseil. Les présidents de la commission d’enquête sur l’influence de ces acteurs, la communiste Eliane Assassi et le LR Arnaud Bazin, voulaient en faire un texte transpartisan capable de venir secouer les législatives — qui s’en seront au final passé. Au final, une version consultée par votre infolettre hier ne comptait que 16 signataires parmi les 19 membres de la commission d’enquête — Nicole Duranton, Sophie Taillé-Polian et Jean-Marie Mizzon manquant à l’appel.

Courrier à Borne. Outre leur PPL, sur laquelle nous allons évidemment revenir, les sénateurs publient aussi ce matin un courrier adressé à Elisabeth Borne et Olivier Véran, où ils demandent à la Première ministre d’inscrire ce texte de loi à l’ordre du jour du Parlement dès le lendemain des élections législatives et d’engager la procédure accélérée pour que la PPL puisse être débattue dès l’été — faute de quoi le texte serait débattu au Sénat à l’automne. Un petit vrai du faux est ajouté au dossier de presse pour envoyer au passage quelques taquets au gouvernement — d’autres seront distribués lors de la conférence de presse à 11 heures ce matin.

Sur le fond du texte. Composée de 19 articles, la proposition de loi des sénateurs vise à encadrer le recours aux cabinets par l’Etat à travers ses opérateurs, les autorités administratives et publiques indépendantes (AAI-API) et les hôpitaux, mais pas les collectivités territoriales et leurs établissements publics. Le texte poursuit quatre principaux objectifs : “en finir avec l’opacité des prestations de conseil, mieux encadrer le recours aux consultants, renforcer leurs obligations déontologiques et mieux protéger les données de l’administration”.

Petit un : les mesures de transparence. Les sénateurs veulent inscrire la publication chaque année de la liste des prestations de conseil pour l’Etat et ses opérateurs sur les 5 dernières années avec moult détails, et ce au sein du Projet de loi de finances. Ils souhaitent l’interdiction des prestations gratuites dites pro bono, mais pas l’interdiction du mécénat. Toutes les prestations (même en mécénat ou en simple prospection commerciale) des cabinets ainsi que leurs évaluations par l’administration devraient être publiées en données ouvertes.

Petit deux : les mesures d’encadrement sur la forme des prestations. La proposition vise l’interdiction pour les cabinets de conseil d’utiliser les sceaux, timbres, cachets et marques de l’administration dans leurs supports de travail pour éviter les confusions avec le travail des fonctionnaires. L’obligation de mentionner la participation directe ou indirecte de consultants dans une prestation et le cadre contractuel va dans le même sens. Pour ce qui est des slides dans les briefs, les sénateurs demandent l’utilisation de la langue française et non de “leurs expressions anglo-saxonnes”. Et enfin, la suppression des données de l’administration utilisées, sous le contrôle de la Commission nationale informatique et libertés;

Petit trois : des mesures déontologiques. Le respect d’un code de bonne conduite est demandé, incluant notamment le fait de s’appuyer exclusivement sur des informations factuelles et non orientées (bon courage!) et la transmission d’une déclaration d’intérêt sous le contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Toute contravention serait passible d’une amende administrative allant jusqu’à 15 000€, mais aussi potentiellement de la publicité des sanctions et de l’exclusion de contrats avec la commande publique pour une durée pouvant aller jusqu’à trois ans. Les sénateurs souhaitent également renforcer les contrôles de la HATVP pour les reconversions d’agents publics dans le conseil.

Petit quatre : des mesures pour protéger l’administration. Chaque ministère doit remettre un rapport au parlement et au Conseil supérieur de la Fonction publique sur l’état de ses ressources, ses compétences et son recours aux cabinets de conseil. Chaque cabinet devra aussi fournir une attestation qu’un audit de sécurité a été établi par l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Soirée téloche. Public Sénat consacrera un documentaire aux travaux de la commission d’enquête le samedi 25 juin 2022 à 17h30, qu’on vous recommande plutôt en replay anti-déprime du dimanche soir.

LES IDÉES D’ANTICOR POUR LE PALAIS BOURBON

ANTICOR ET PALLEZ, ACTE I. Après Transparency International, c’était au tour d’Anticor de rencontrer le déontologue de l’Assemblée nationale Christophe Pallez jeudi dernier. L’ONG, jugée suffisamment sulfureuse par la Macronie pour faire planer le doute sur le renouvellement de son agrément l’an passé, était représentée par Béatrice Guillemont, sa directrice générale et Éric Alt, son vice-président, pour avancer notamment des propositions d’amélioration des missions… de Christophe Pallez, que l’on imagine ravi du feedback

Argent de poche. L’ONG propose de réduire l’enveloppe des 600 euros d’avance de frais de mandat par mois allouée aux députés qui n’a pas besoin d’être justifiée — Anticor suggère un passage à 200€, afin d’éviter que l’accumulation des sommes mensuelles ne puisse permettre des enveloppes un peu trop épaisses à la fin de l’année.

Pantoufle chaude. Anticor suggère aussi d’encadrer la reconversion des députés, un sujet “brûlant d’actualité” pour Béatrice Guillemont, à l’heure où les députés sortants et issus de la société civile n’ont jamais été aussi nombreux dans les rangs de l’Assemblée. Anticor suggère aussi un contrôle au moins deux fois par mandat des frais de chaque député, tout en reconnaissant qu’il faudrait à Pallez plus de moyens pour accomplir sa mission — chose sur laquelle il a semblé s’accorder. 

Last but not least, l’ONG s’est prononcée en faveur de l’obligation de “sourcing des amendements” — c’est-à-dire de mesurer l’influence des ONG ou des lobbies qui remettent parfois clé en main des amendements aux députés — en soutenant les propositions déjà faites en ce sens du député LREM Sylvain Waserman. “On a aussi demandé plus de transparence des intérêts des députés, notamment sur le fichier de déports… et d’imposer une formation annuelle à destination des nouveaux députés en matière de déontologie et du règlement (notamment pour des faits de harcèlement)”, ajoute Guillemont, qui prévoit une publication de ces nouvelles propositions dans les prochaines semaines.

ANTICOR ET FERRAND, ACTE III. L’ONG espère aussi ce mercredi une “décision importante dans la lutte contre la corruption et pour la probité” selon Guillemont, avec un deuxième pourvoi en cassation dans l’affaire qui l’oppose à Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale fraîchement éjecté de son siège, et mis en cause par l’association dans l’affaire dite des mutuelles de Bretagne. Si Anticor défend plus de 135 dossiers au niveau national, elle estime que ce dossier compte parmi les plus emblématiques puisqu’il concerne un pourvoi important “pour notre État de droit à propos de la prescription des faits occultes ou dissimulés en matière de corruption”.

LE POINT PFUE : LE REVERS DE LE MAIRE

FINAL AMER. La Présidence française du Conseil de l’UE (PFUE) se termine avec un revers pour Bruno Le Maire, qui ne pourra pas se targuer d’avoir bouclé un accord sur la directive sur la taxation minimale des entreprises, l’une des priorités françaises. Le texte a été à nouveau bloqué vendredi dernier lors de la dernière réunion des ministres de finances sous présidence française au Luxembourg, rapporte mon collègue Giorgio Leali.

Coup de théâtre. Après plusieurs mois de négociations et avoir le lancement d’une énième “task force”, Le Maire est arrivé à convaincre la Pologne, qui avait jusque-là bloqué le dossier. Mais à la dernière minute, il a dû faire face à un veto inattendu, celui de la Hongrie, qui s’est opposé à la proposition de directive. D’après un diplomate impliqué dans les négociations, Budapest n’aurait pas des vraies réserves sur la substance du texte, mais serait juste en train d’utiliser son pouvoir de veto pour obtenir gain de cause dans un autre bras de fer avec Bruxelles, celui sur l’approbation de son plan de relance. “Budapest est en train de s’inspirer du script polonais, dans l’espoir de faire chanter la Commission”, explique-t-il.

La morale de cette histoire. Cette dernière déception n’a pas empêché Le Maire d’en tirer une leçon pour l’avenir. “La surprise est l’épreuve du vrai courage”, a conclu le ministre-écrivain à l’issue de la réunion, paraphrasant Aristote et expliquant qu’il est “indispensable” d’abandonner la règle de l’unanimité en matière fiscale. Le dossier sera bientôt dans les mains de la présidence tchèque, même si Le Maire espère encore avancer sur ce dossier avant la fin de la présidence française, qui se termine à la fin du mois — et pour laquelle, ça tombe bien, Aristote a aussi une bonne citation.

MERCATO

DEUX ARRIVÉES CHEZ TADDEO. Baptiste Ledan, ancien de la DG Trésor, passé par le Quai d’Orsay et l’Assemblée, a rejoint le cabinet d’affaires publiques Taddeo la semaine dernière en tant que consultant senior. Votre infolettre a aussi appris de sources concordantes que Thibault Gential attendait son avis de compatibilité de la HATVP pour rejoindre le cabinet — échappant de peu au séminaire en montagne.

INFO INFLU. La start-up Owkin nomme Yedidia Levy-Zauberman, au poste de vice-président senior pour les affaires publiques. Consultant puis investisseur en private equity, Levy-Zauberman a exercé auprès d’élus comme conseiller, notamment auprès Patrick Klugman, adjoint à la Maire de Paris en charge des Relations Internationales, de Frédérique Vidal, et de Brune Poirson. Owkin est de son côté une deep tech spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle en santé.

Adeline Hazan succède à Jean-Marie Dru à la tête de l’UNICEF France, dont elle prend la présidence pour trois ans après son élection lors de l’Assemblée générale tenue les 17 et 18 juin. Magistrate et juge pour enfants de formation, elle a fait ses armes en politiques auprès de Martine Aubry en tant que conseillère, puis en tant qu’eurodéputée avant de prendre la mairie de Reims. Dernièrement, elle fut aussi ex-contrôleure générale des lieux de privation des libertés. 

L’ex-député Matthieu Orphelin est nommé directeur général de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). L’ONG, qui donne du fil à retordre aux chasseurs en multipliant les recours devant le Conseil d’Etat, compte s’investir davantage sur l’amont des décisions en renforçant son action de plaidoyer au Parlement, nous a glissé Orphelin hier, alors qu’il passait à l’Assemblée.

Delphine Guey, directrice de la communication, des affaires publiques et de l’engagement sociétal chez Yara France, a été élue présidente de l’​​UNIFA, l’un des plus anciens syndicats français d’engrais, amendements et biostimulants. La lobbyiste s’est spécialisée dans le domaine, ayant auparavant exercé près de 17 ans auprès du Groupement national interprofessionnel des Semences et plants (GNIS), l’Union des Industries de la Protection des Plantes (le lobby des pesticides devenu Phyteis) ou encore le Syrpa, qui rassemble les professionnels de la communication en agriculture et en agroalimentaire, avec un passage de deux ans chez Philip Morris.

Mounir Mahjoubi annonce redevenir entrepreneur et signale au passage que sa start-up recrute.

Sebastien Duplan, jusqu’ici responsable affaires publiques Digital et innovation chez Renault, vient de prendre ses nouvelles fonctions de tant que Directeur des affaires publiques chez Mano Mano.

JOBS, JOBS, JOBS. Euralia recrute un-e chargé-e de mission affaires publiques à Paris. Le Secrétariat général des affaires européennes (SGAE) recherche un-e adjoint-e au chef du bureau “Coordination, communication, relations publiques, influence”.

Un grand merci à : mon collègue Giorgio Leali, Peter O’Brien, mon éditeur Jules Darmanin.

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